Tuesday, October 8, 2019

Oh Malheureuse!






As a woman who learned lots of French from Cajun and Zydeco music, I was struck at how many times oh malheureuse! was called by the male singers. Oh unhappy woman! The male perspective has long dominated the visible creative world of Louisiana music. And though women have been culture bearers and our first language teachers, the majority of the time home duties, strong mothering instincts, and other social pressures cause them and their talents to remain invisible. Women who currently write in Louisiana Creole, French, Cajun, and Kouri-Veni need more visibility. It's a good thing to create more public/virtual space for women who write in Louisiana dialects in hopes that more will be challenged to write. 

This blog has been a personal place for me to explore my own identity as a bilingual Louisiana woman and the space has been generous. The idea of a women's collective in the history of the lieu-dit Prairie des Femmes has also been built into the blog since its inception. My photograph collection of local Marian shrines is part of this visualization of a collective of faithful Louisiana women. 

At this time of automne I think of the harvest. I think of collecting all of the resources together. I think of the need for identification, diversity of voice, exchange of ideas, and ultimately, a master list of women who write for our culture. Oh Malheureuse is a collection of French writing for Louisiana women by Louisiana women.



Pour les louisianaises, par les louisianaises.


Tuesday, November 13, 2018

Emily Thibodeaux

Une femme bonne

Veux-tu,

Quand les dames prennent leurs cafés dans leurs cuisines autour, d’une table en bois après boire et après jouer au bourée que équand ton nom est mentionné que tu sois une femme bonne ?

Ma grand-mère était une femme bonne parce qu’elle s’en occupait de mon grand-père alcoolique et parce qu’elle a souri souvent et elle a cuisiné pour sa famille et aimait beaucoup Jésus. Équand son mari l’a trahi avec la madame du bar et quand elle est devenue pleine d’un bébé, elle a continué comme c’était pas rien

Est-ce que c’est vraiment pareil d’être une personne bonne et une femme bonne ? Le fait d’être une femme dans le sud de la Louisiane fait que le monde ne te laisse jamais oublier que tu es la ‘tite fille de quelqu’un. 

Mais, tu souris ? 

Tu aimes Jésus ? 

Es-tu une mère ? Et occupes-tu d’une famille ? 

Si tu ne fais pas encore, tu le ferras équand ?

Et si tu ne le fais pas, pourquoi ?

Mais a pris son pilule de calme pour équand le monde apparaissait étrange autour d’elle et la lumière l’agressait. 

Je me souviens de cette lumière jaune-orange de sa cuisine et de cette table en bois qui a pris toute l’espace sans la salle à manger. 

Mon papa était une personne bonne parce qu’il a continué d’aller off-shore pour soutenir la famille jusqu’au moment où il n’en pouvait plus. 

Une personne bonne, travaille dur. 

Une femme bonne mène la maison. Elle frame sa bouche. 

 

Est-ce qu’elle peut être une femme bonne si elle parle trop ? Ou si elle passe des jugements sur les autres ? Elle peut être un peu dure avec ses mots, et elle se moque de toi équand tu fais des bêtises. 

Une femme bonne, et

Si elle porte souvent un pantalon ? Si elle boit ?

Et si elle a des doutes sur les personnes en charge ? 

Et si elle ne croit pas en Dieu mais dans le pouvoir inné de son propre corps et de son esprit ?

Et si elle ne fait pas d’enfants ?

Et si elle recommence son chemin et change ses idées encore et encore ? 

Et si elle pose trop de questions ?

Tu peux être sûr qu’elle se demande trop de choses déjà…

Il y avait une femme qui courrait nue dans les bois, qui nourrissait des loups de son sein. Qui a ri dans les figures des hommes terrifiés. Elle a créé un monde appart pour elle et pour des autres de son genre. Et si on peut la retrouver ? 

Mais asteure, peux-je être une femme bonne si je me méfie des autres ? Si je connais pas mes voisins et en plus, ils veulent pas me connaître ? 

Je vais pas veiller chez grande-tante. Je ne vais pas cuisiner le souper pour Pop qui a attrapé le cancer. Il n’y a pas d’enfants qui frappent à ma porte. Il n’y pas le téléphone qui sonne. Je me suis enlevée de ce monde. Ce monde qui n’existe seulement dans un temps passé.


Emily Thibodeaux 

3rd Grade Teacher / Maîtresse de CE2
Lycée Français de la Nouvelle-Orléans

Mandy Migues

La Prairie Greig

Bas et platte

Sur la côte, 

Mais cachée par les prairies tremblantes. 

Les Vermilions te garde dans ses bras. 

Les champs de canne à sucre, 

les clos de riz, 

des étangs d’écrivisse

marque ton paysage comme des ‘tites maisons de tes tantes et noncs qui habitent juste à côté de chez toi. 

La chouette qui passe la nuit dans des branches de la chêne verte de Mom

C’est elle qui garde la prairie. 

 

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Qui suis-je?

 

Mais ton nom est Migues…c’est espagnol ça! Tu es américaine et tu parles français! Ce n’est pas possible!

Toujours la même affaire. On (les francos internationaux) me demande qui je suis, et pourquoi je parle français. (Et Mom Shirley, elle était un Romero avant de se marier, personne a questionné sa francophonie, ses origines, parce qu’on Louisiane ça se comprend, tout ça.)

Je réponds.

Je suis louisianaise. 

 

Je suis louisianaise. 

Je suis la Louisiane.

Je suis acadienne, française, espagnole, allemande, irlandaise.

J’ai des racines dans la Louisiane depuis plus que 350 ans.

 

Je suis…

Míguez

MiguesDuBois, Romero, Lopez, ToupsSuireHulin, LeBlancBroussard, Abbott, Fleming.

 

La Louisiane.

C’est moi. 

 


 

Mandy Miguesune Vermilionaireest native d'un petit village qui s’appelle Henry dans le sud de la paroisse Vermilion, mais elle vit à Lafayette avec son mari.  Elle possède une maîtrise en éducation de University of  Louisiana at Lafayette et pour treize ans Mandy a enseigné le français et l’histoire en français à Lafayette High School. Maintenant elle est la College and Career Coach à Northside High School à Lafayette. Mandy anime un programme de radio en français chaque vendredi matin pour la station KRVS Radio Acadie à Lafayette. Mandy adore : son mari, son chien Henri the wonderpup (qui parle français), passer des heures dans la cuisine (surtout les souvenirs des heures passées dans la cuisine avec sa Mom Shirley, sa mère et sa tante Charlotte) les Saints et un bon verre de vin partagé avec des amis.


Sunday, November 11, 2018

Mary Broussard Perrin

Muet en compagnie de gens fascinants


Oh malheureuse, mon mari est un chef d’équipe, un ‘gros chien’ dans le mouvement cadien dans le sud de la Louisiane, mais moi, je ne parle pas sa langue.


Souvent je suis avec lui en compagnie des gens français fascinants, des professeurs, des écrivains, des maires, des ministres, des ambassadeurs et même des présidents et princes, et je dois rester là, muette comme un poteau, chère pitié! Quels mots sont mes mots et où sont-ils? 


Bien sûr, je peux demander à un agriculteur dans un marché en France, "Ces fraises sont biologiques?" Mais plus que ça,  ma bouche trébuche. Et où sont mes mots? Mais là, ils sont partis comme les chevaux à Evangeline Downs. 


Mon père, il était un Broussard, c'est un nom si français, n'est-ce pas? Mais je crois que je suis la seul Broussard au monde dont le père ne parlait pas français. Où était ses mots? Et comme mes parents ne parlaient pas français, je n'ai pas grandi à parler. Où sont mes mots?


Certainement, j'ai suivi des cours de français au lycée et à la université mais ce n'était le français de mon mari ni de la famille de mon mari. Tant aux Etats-Unis qu'en France, je reste un “outsider”  qui observe de l’extérieur. Sans les mots, sans les mots, je suis peut-être ni français ni cajun.


Oh Malheureuse!


Mary Perrin 

Rachel Baum Lafferrerie

La Fumée

La fumée de ma cigarette remplit l’espace
Elle ne laisse aucune place
Aux autres.

Chaque coin et recoin sont remplit de son odeur
Épaisse et caramélisée
Clope roulée – Amsterdamer.

Elle rentre en moi d’abord
Et puis
Vient de mon propre corps
Remplir la pièce autour

A moitié invisible -
Pourtant je la vois
Comme la souffrance.

Mes poumons se remplissent
Et puis se vident
Ils soupirent d’épuisement
La vie, ils savent, est fatigante.
Et moi, fatiguée-
Ma clope roulée
Me comprend.

J’inspire mon deuil
Mon chagrin, ma tristesse
Mon malheur, mon mal-être.
Je l’inspire et puis le crache
Ce poison dans mes poumons
Ça remplit mon âme et ma maison.
Et même quand l’odeur est partie
Ça laisse quand même une trace.

RBL



On était encore bien jeunes

On était encore bien jeunes quand on s’est marié
Samedi après-midi dans la lumière éparpillée
Reflétée dans l’étang vers un ciel si optimiste
Qu’il pleurait des larmes de joie.

Encore bien jeunes quand on s’est installés
Dans un petit appartement en pierre
Le sol en bois était bien pour danser
Ces 50 mètres carrés
Aussi vastes qu’un palais d’empereur à nos yeux
Peu importe qu’on était fauchés

Encore bien jeunes quand la Maladie est venue nous rendre visite
Elle s’est assise sur le canapéu
Je m’en souviens
Ses pieds sur la table basse du salon
Comme si la maison lui appartenait

Encore bien jeunes quand elle s’est mise à nous commander
A inviter tous ses amis-- Et nous
On n’était que des prisonniers
On marchait sur la pointe des pieds

Pour ne pas la réveiller.

Encore bien jeunes quand on t’a mis à l’hôpital
Elle t’avait enfin viré de la maison
Ce n’était plus que nous deux devant la télé le soir
Elle et moi
Et toi tout seul dans une chambre blanche et vide
Loin de moi.

Tu es encore bien jeune mais tes yeux sont creux
La lumière de samedi après-midi ne les allume plus
Il n’y a plus d’étang
Plus de larmes de joie
Simplement de la pluie
Incessant et tenace.

Mais je me dis qu’on est quand même encore trop jeunes
Pour se laisser abattre si tôt
On ne peut expliquer ni le bien
Ni le mal qui nous arrive sur cette terre mystérieuse
Sombre et lumineuse à la fois
Avec ses samedi après-midi et sa pluie.

On est encore bien jeunes
Pour un peu plus de temps
Et on a encore quelques années pour s’aimer
Pour danser sur le parquet de cet appartement trop petit
C’est déjà beaucoup demander.

Rachel Baum Lafferrerie
25 years old
Currently living in Poitiers, France but from Lafayette, LA

Rachel is an elementary school teacher in France as well as being a musician and singer-songwriter.  She is passionate about writing, singing, Louisiana, and her students.

Wednesday, November 7, 2018

Marie-Isabelle Pautz

Moi J'Suis Gone

Moi j'suis gone   
Pour trouver l'avenir
Moi j'vais m'en aller
Pour revenir
Et quand je vais revenir
J'serais moi-même
Tout autour de l’achélème
Moi j'suis gone gone  
Au pays loin

Y'a longtemps, chère
Que mon cœur m’appelle
Au ces jours ci 
De soleil et brize
Mon cœur m'appelle à questions innconnue
C’est les mêmes bêtises 
Qu’on a toujours

Chorus 


Moi j'suis venu au monde 
Mais pour aimer
J’ai des choses à faire
Des choses à travaillier

Mais comment tu crois
j'vais pleurer
Oh non chère, 
Moi préfère danser 

Chorus 
          
Moi, vous aime
Avec tous mes cœurs
Moi, vous aime
'Vec gros douleurs
Comment tu crois
Moi j’vous aurait laisser 
Oh non chère,  
J’vais avec tous l’monde jouer

Chorus

Moi j’suis gone, gone
Au bois doré
Moi j’suis gone 
Pour courer les près
Toute couvert      
En beaute
Y'a des choses que j’en peut pas décrire 
Moi j’suis gone pour les redécouvrir  
Moi j'suis prêt à partir   
Au pays près 

Marie-Isabelle Pautz

Marie-Isabelle is from Lafayette but currently lives in New Orleans. She is a bi-lingual Codofil baby born of a Ville Platte Maman and a Besancon, France Papa. She has been responsible for program development for a number of start-up and existing projects in the non-profit industry (program focuses include(d): urban agriculture, community organizing, restorative justice, catholic worker shelters, counseling, disaster rescue, and ending homelessness.) When she's not running around creating counter-institutions you can find her kayaking, dancing, backpacking, restoring an old house, side walk chalk graffiting, fiddling, singing, poetrying, festivaling, and porch/pier sitting.  






Accompanying Art Work: Yellow Crown Night Heron, charcoal on canvas 

Wednesday, October 31, 2018

Florella Vigé Inhern

Here are some little sayings collected from Mrs. Florella Vigé Inhern, 91, of Opelousas. 

Accordant à ma grand-mère Celima Breaux Legé de la Prairie Ronde: when a woman was with child out of wedlock but didn't know who the father was it was said: 

Mais chère, qui c'est q'est le papa? 
Mais j'connnais pas ça. Le carencro le pond et le soleil l'éclos. 

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Fais do-do mignon
Dedans les rangs de coton
Sa mimine est court 
Et son go-go aussi 

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Ça mouillait assez 'faullait les chiens boit debout. 
It rained so much the dogs had to drink standing up.

Florella Vigé Inhern, 91, Opelousas, élève of the Prairie Ronde woods and proud of it 

Sunday, October 28, 2018

Sandy LaBry

Pendant les années soixante-dix et quatre-vingtsj’habitais la ville d’Eunice située sur une prairie qui s’appelle Faquetaïque, un mot Indien.  Pendant ce temps-la j’ai fait une visite à Dennis McGee, un vieux violoniste.  Dennis m’a raconté une histoire de sa jeunesse.  Il a dit que la veille de Noëil se joignait avec les autres jeunes hommes pour rouler de voisin à voisin sur la prairie et boire un coup avec chaqu’un.  A chaque maison, aprèavoir vidé la bouteilleils prennaient l’homme de la maison avec eux.  Et quand le soleil se levait le jour de Noëlil y avait unegrosse bande d’hommes, à peu près soixanteil m’a ditsoixantehommes saoûls, sans doute.

 

Une demande à la prairie

Belle Prairie

Faquetaïque,

Tu étais témoin d’une histoire

Que vieux Dennis McGee m’a racontée

Un pont pour le plancher

On a dansé comme des putains

Au-dessus des bayous et des coulées

Juste des hommes, pas de femmes

Les talons des bottes cognant

Contre le bois de cypre

Les bras ouverts pour laisser échapper

Les misères de nos coeurs

Pour lâcher nos soucis au vents d’hiver

Accompagnés par la musique de nos violons

 

On était joueux

On était saoûls

Cette grosse bande d’hommes

Presque tous des fermiers

Roulant de voisin à voisin

Sur la prairie

Buvant des gobelets de vin

Chantant et dansant

La veille de Noël

Jusqu’à l’aube le lendemain

 

Belle prairie mammouth,

Où sont-ils maintenantces hommes?

Sûrement,

Ton terrain 

Est assez large

Pour garder leurs os

Mais ton ciel,

Belle prairie,

Est absolument trop petit

Pour tenir leurs esprits

 

Doncoù sont-ils maintenant,

Ces hommes qui ont dansé Noël

Jusqu’à l’aube?

 

 

Sandy Hébert LaBry



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La grégue de ma grand-mère

 

La grégue de ma grand-mère

reste toujours sur mon fourneau

un don de ma mère sans recette

mais avec une connaissance des rites 

de faire le café

dans une manière patiente

lentement

trois cuillères de l’eau bouillante à la fois

et puis trois cuillères de plus

jusqu’à ce que la grégue soit remplie

juste comme nous avons vecu nos vies

nous

ma grand-mère

ma mère

et moi

au fur

et à mesure

comme faire le café dans

la grégue

 

 

Sandy Hébert LaBry



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Être Catholique à la Ville Platte

 

NéCatholiqueMme LaFleur croit en Dieu

Elle va à la messe tous les dimanches.

Avec ses amies elle se réunit une fois par semaine

Pour grainer le chapelet

Dans la voiture

En route au casino.

Que le Bon Dieu la bénisse!

 

 

Sandy Hébert LaBry 


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Il y a longtemps j’ai eu l’occasion de parler avec un ami, un musician bien connu, Dewey Balfa, au sujet des traditions des Acadiens et le rôle de la musique dans leur vie. Nous avonsparlé de beaucoup de choses, et puis Dewey a decrit la coutumede deuil.

Dewey Balfa:

When I was young if you lost an aunt or an uncle, you were obliged to dress in mourning for a year.  If it was a brother or sister, it was a year and a half of mourning; if it was a father or mother or a husband or wife, it was two years of mourning.

You were obliged to wear black.  The women always wore black for the first year.  The second year, they called it “demi-deuil.” You could perhaps wear a black skirt, a white blouse, or a black blouse and a white skirt or even checks – black and white only.  And the men would wear a black crown round their hats.  It was like a ribbon that you attached to your hat.  If you had to go to town, you always had to wear this because people would know that you were in mourning.  They would always respect your mourning.

They would not have played music.  There were plenty of people when they lost their mother, a wife or a sister or brother they would have to undo their instruments to be sure that they would not play music.

 

EN DEUIL

Les doigts de la solitude,

Froids et bleus,

Jouent sur mon corps. Ils me brûlent

Comme des chandelles de glaces –

Sans chaleur

 

Mais je me souviens de tes mains

Ta caresse était du feu pur –

Flammes chaleureuses et vives,

Eclats de rouge dansant,

D’une lumière resplendissante –

Eteinte asteur

Par ton deuil qui s’étend

Au delà du chagrin

 

Quand cesseront tes jours noirs?

J’espère notre réunion –

Toi, l’hommeet moil’instrument

Mon cercueil aussi est triste

Et silencieux

Pendant que je reste défait

Pour respecter

Ton devoir

 

 

 

Sandy Hébert LaBry