Tuesday, October 8, 2019

Oh Malheureuse!







As a woman who absorbed lots of her French from Cajun and Zydeco music, I was struck at how many times oh malheureuse! was called by the male singers. Oh unhappy (woman)! In the songs I have examined, the word malheureuse is used figuratively, rhythmically and also as an adjective/direct appeal to la tite catin, crimielle, joli cœur, ti monde, chère bassette, or fille jeunette in question. More on the songs later, but the number of times the word is used in the music is remarkable and illustrates how, for whatever reason(s), the male perspective has dominated the visible creative world of Louisiana music. And though women have been culture bearers and our first language teachers, the majority of the time home duties, strong mothering instincts, and other social pressures cause them and their talents to remain more invisible. Women who currently write in Louisiana Creole, French, Cajun, and Kouri-Veni need more visibility simply because they exist, and at a larger number than we know. To continue this momentum, I offer up this space to create more public and virtual space for women who write in Louisiana dialects in hopes that more will be challenged to write. This blog has been a fertile place for me to explore my own identity as a bilingual Louisiana woman. The idea of a women's collective in the history of the lieu-dit Prairie des Femmes has also been built into the blog since its inception. My photograph collection of local Marian shrines is part of this visualization of a collective of faithful Louisiana women. 

At this time of automne I think of the harvest. I think of collecting all of the resources together. I think of the need for
 identification, diversity of voice, exchange of ideas, and ultimately, a master list of women who write for our culture. Oh Malheureuse is a collection of French writing for Louisiana women by Louisiana women. 


Pour les louisianaises, par les louisianaises.





Submissions: ohmalheureuse@gmail.com




Malheureuse!



Écrivaines de la Louisiane

Thursday, January 3, 2019

Jade Boudreaux

Maybe the astronaut girl doesn't need sleep.

My hair is the color of galaxies and

My hands are born to universes.

I speak in stones and molecules, then I let molecules dress in the echo of my voice like clothes. 

 

Time darts back and forth, a salamander running between water and land, between past and future, he says. 

I say, They say they can't catch fire.

Some days he tries to catch my molecules. Other days, my salamanders.

But every day, I burn. 

 

Maybe the astronaut girl doesn't only dreams in decimals

But sometimes fractions, too.

The arithmetic of my eyes multiply space.

I tell the ocean stories, and it turns over like a restless child.

I know it doesn't care.

He still writes letters to the colors orange and yellow,

And he tells them stories of my eyes.

Far away, I let the stars return his letters.

 

The future has no shore, they say. 

I try to find it anyway.

The tide needs no place to rest, they say.

That's fine, I'm not tired.

And far away, I make the planets blink awake while the moon undoes its brickwork and starts to build again.

 

 

Peut-être que la fille astronaute n'a pas besoin de sommeil.

Mes cheveux sont la couleur des galaxies et

Mes mains sont nées dans des univers.

Je parle avec des pierres et des moléculespuis je laisse les molécules s'habiller dans l'écho de ma voix comme des vêtements.

 

Le temps file, une salamandre entre eau et terre, entre passé et futuril dit.

Je dis, Ils disent qu'ils ne peuvent pas prendre feu.

Certains joursil essaie d'attraper mes molécules. Les autresjoursmes salamandres.

Mais chaque jour, je brûle.

 

Peut-être que la fille astronaute ne rêve pas seulement endécimales

Mais parfois aussi des fractions.

L'arithmétique de mes yeux multiplie l'espace.

Je raconte les histoires de l'océan, et ça tourne comme un enfant agité.

Je sais que ça ne fait rien.

Il écrit toujours des lettres aux couleurs orange et jaune,

Et il leur raconte des histoires de mes yeux.

Au loin, je laisse les étoiles rendre ses lettres.

 

L'avenir n'a pas de rivageils disent.

J'essaie de le trouver quand même.

La marée n'a besoin d'aucun endroit pour se reposerils disent.

Ça va, je ne suis pas fatigué.

Et au loin, je fais réveiller les planètes pendant que la lune défaitses briques et recommence à se construire.


Jade Boudreaux


Jade Boudreaux comes from the Acadiana region of South Louisiana and is currently an Architectural Designer for Adrian Smith + Gordan Gill Architecture. She completed her Bachelors of Science in Architecture at the University of Louisiana at Lafayette and her Master of Architecture at the School of the Art Institute of Chicago.

Tuesday, January 1, 2019

Leah Espinoza

Pair of Peppers




La peinture est ma quatrième langue. La conversation et l’apprentissage de l’anglias, l’espagnol, et le francais me donne une opportunité  de parler avec les personnes de differentes héritages. Mais avec lpeinture, je peux communiquer ce que je vois ou ce que je veux voir à tout le monde en même temps.

 




 

Les vagues tombent sur la côte

Les oiseaux s’appellent l’un vers l’autre

Le soleil brille sur l’eau

Et illumine tous la fawne et la flore

L’eau brille avec different verts et bleus

L’océan apporte la paix au monde qui nous en toure

Monique Verdin


"You can't stop dancing in the middle of the dance"

Monique's grandmother Armantine said this after riding out Hurricane Katrina at her home in eastern St. Bernard Parish in 2005.

Monique Verdin 

Rachel Decuir

Comment c’est qu’on se trouve si loin?

C’est lourd de voyager en exil self-imposé

Mais les accents qui nous ont élevés

n’étaient pas à nous-autres de garder.

On pourrait les forcer en attendant

que les Honorés nous disent:

“hale une chaise et viens nous joindre.”

Quand il faut une invitation à entrer chez nous,

comment c’est qu’on aurait pu rester?

On parle toujours des racines

mais il faut qu’elles poussent quelque chose.


Rachel Decuir

Clélie Ancelet

Hier soir quelqu'un m'a dit que mon français estagressif
Que le français de la Louisiane se semble agressif. 
Comme nos mots et façon de parler sont agressifs 
Et ça m'a blessé. 
Comment il peut entendre les mots 
Que j'ai appris de toi
Et Mama 
Et Mamie
Et Papa en pensant que c'est trop dur quand, 
à mon avis, 
C’est chaud et doux et tout ce que je manque chaque jour? 
Je sais qu’on parle fort
Que j'avale mes mots 
Et que nos phrases sont différentes, 
Mais comment je peux expliquer
La douceur et tendresse de mon enfance 
Avec quelqu'un qui ne crois même pas que je parle un vrais français



L’Érosion 

Le chauffage ronronnait, puis a vrombi derrière Petite. Les lumières clignotaient et l'eau du robinet est devenue verte. Elle l’a coupée avant qu'elle puisse devenir brune. La rivière doit être en train de courir nord encore, elle pensait. Il faudrait qu'elles utilisent les gourdes d'eau de dedans la petite maison jusqu'à la pluie s'est arrêtée. Elle ne voulait pas aller dehors jusqu'à les orages d'été avaient passé, mais elle n'aurait pas d'autre choix. 
«Cette eau est trop chaude.»
«Non, Grand-mère. Ça va refroidir.»
Petite a mis une petite serviette sur sa paume et elle a frotté le savon. Sa mère avait gardé plein de savon français pour tellement longtemps qu'elle avait été certaine qu'il y aurait toujours un bar dans un tiroir quelque part. Mais rien de si doux ne dure jamais longtemps. 
«Les esprits viendront taper ce soir.»
Elle s'est arrêtée avant de frotter la serviette sur les bras humides de sa grand-mère.
«Non, Grand-mère. C'est seulement les branches qui frappent à la fenêtre.»
«Je connais la différence entre une branche et les doigts qui frappent pour entrer.»
«Il n'y a rien dehors à faire entrer.»
«J'ai vu leurs gros yeux gris
«C'est juste les réflexions du gaz des marais.»
«Tu ne les traites pas comme ça. Tu sais ce qu’elles sont, les petites lumières. Prie pour elles. Et prie pour les espritsqui viennent ».
«Je prie pour que cette pluie finisse vite, ou on va se caler au fond et se noyer.»
«On ne fait plus partie de ce monde
«On ne peut aller nulle part d'autre
«Les maisons devraient pas être mises si près d’où l’eau veut être
«On ne peut pas gagner contre l’eau
«On a un bateau.»
Petite s’est arrêtée. La pirogue que son père avait faite faire était longue et lourde. Elle était suspendue des chevrons dans la petite maison. Une fois descendue, elle serait trop lourde pour remonterPetite a commencé à verser l'eau sur les cheveux de sa grand-mère.
Avec ces yeux fermés sa grand-mère lui a dit, «Moi, je suis trop vieille pour monter dedans, mais toi tu peux.»
«Arrête ça.»
«Tu devrais trouver la vraie terre solide. Ou au moins quelque part où ils savent vivre sur l'eau et pas dedans ».
«Arrête».
«Je vais partir avec les esprits ce soir. Ils vont me soigner. »
«Ça suffit
Petite s'est levée trop vite et elle a senti toute la maison giter un peu à gauche.
«Doucement, Petite.»
Petite se tenait debout avec les jambes écartées. Elle regardait sa grand-mère qui avait une fois été si forte et robuste; qui maintenant avait presque disparu. Sa grand-mère qui avait déjà enterré tous ses enfants et qui avait perdu tous sauf cette petite-fille. Cette femme qui avait dû guetter sa mémoire s'effacer avec la côte.
«Petite, je veux partir ce soir. Tu iras quand la pluie s'arrête. Tu iras pendant la nuit. Le feufollet va te guider si tu leur demandes
«D’accord, Grand-mère,» elle l’a soulagé. 
Petite prenait sa grand-mère dans ces bras pour la sortir de la baignoire. Elle l’a séchée, puis elle l’a habillée pour la nuit. Doucement elle a apporté sa grand-mère au lit et lui a fait un bisou. 
«Bonne nuit, Grand-mère
«Au revoir, Petite.»
Petite s’est rendu compte que la pluie avait arrêté pour le moment. Mais elle entendait encore l’eau qui rentrait à travers le seuil dans la maison. Par la fenêtre elle pouvait voir plusieurs petites lumières qui vacillaient dans la nuit.


Arsenic et vieille dentelle
L'air pourrissait. Elle le sentait. Le dernier faux jasmin a fleuri dessus de la promenade. Sa mère avait toujours été si attentive à propos de l’élongation des vignes. Elle coupée la vrille de l'arbre et l'a emmenée dans la maison. Dans la cuisine, elle a enlevé ses vêtements et a mis la chemise de nuit de sa mère faite en vieilles dentelles. Les petits détails étaient encore parfaitement là. Elle a pris soin de ne pas laisser la sève du faux jasmin toucher la robe. Elle a apporté le petit bouquet dans la chambre de ses parents. Son père était couché sur son côté du lit; la rigidité cadavérique avait commencé. Elle a lissé doucement sa moustache d'argent et a placé le faux jasmin sur sa tête comme une couronne. Les fleurs blanches sont mélangées dans ses cheveux fines. Elle a marché au côté de sa mère et s’est mise dedans le lit. C’était mieux comme ça. Vite pour qu'il ne serait plus vide pendant la nuit.



Kara St. Clair

Je vais devenir une vieille femme.

Mes cheveux vont devenir gris.

Mon visage va changer avec les rides et

mes mains vont se transformer en formes étranges

comme des arbres nus

qui poussent de la terre froide.

 

Je vais passer lentement 

pour te saluer quand tu 

frappe à la porte.

Je vais te demander d'enlever tes bottes 

et je vais te dire d'admirer les photos de mes petits-enfants

aux cheveux blonds

souriant

avec des dents manquantes.

 

Je vais de dire comment lui,

Il ressemble à Pop 

et comment le plus jeune 

est canaille canaille 

et je vais fermer les yeux 

et rire.

 

Je vais te montrer la photo du mariage et

je vais te dire que

personne ne réalise jamais

la beauté

l'amour

la joie

de la vie et puis 

c’est trop tard. 

 

Je vais te dire que les seules choses qui me restent 

sont ma santé

et ma maison 

 

Mais tu connais que les photos

sur le mur

racontent une histoire différente.

 

Et toi,

tu vas espérer secrètement que tu vas 

Devenir une vielle femme

aux cheveux gris 

avec les rides 

et les mains 

comme des arbres nus

qui poussent de la terre froide. 

  
Kara St. Clair 

Monday, December 31, 2018

Michelle Fontenot


A visual submission of  original art of Maw Maw "Lillian Dupré Fontenot" by Michelle Fontenot

Louisette LeBlanc


Tu sais

 

T’as vini trouver ta jolie blonde,

Ta chère joues roses

Ton cher ‘tit coeur,

Au ras d’la mer,

Pour l’amener voir l’reste de ton ti monde.

Même qui fallait prendre une pause,

On rêvait d’la même affaire.

 

Tu sais,

Moi itou ch’avais point comment j’allais faire,

Tu connais c’est point juste toi qu’avait du mal.

On trouvera une manière,

J’me disais.

Les couleurs ça s’mêlent pas mal,

Comme les tounes,

au Blue Moon.

 

Le temps a passé.

Les chemins, t’as roulés.

T’as chassé pour d’autres cœurs, 

Laissant que des traces de malheur.

Tu seras pu avec moi.

Mais nos yeux sentirons encore la joie.

Ça vera.

J’t’oublierai pas.

 

Les feux se sont calmés,

Et là, j’m’ai retrouvé.

Les bottes me menant de l’avant, 

Pour r’trouver un autre amant.

 

Tu sais,

J’étais heureuse,

Y l’était temps de partager,

De s’amuser, de danser, de chanter, d’explorer.

 

Tes yeux qui brillaient à côté des billots en feu,

La boucane qui dansait dépassée minuit,

Quand on s’est fait emporter,

Par les étoiles de la nuit,

Ti peu par p’ti peu.

 

J’voulais être plus qu’une chère catin,

J’voulais être ta chère ‘tite femme.

Mais t’étais après m’quitter, 

Et pis bin que j’ai braillé.

 

Tu sais,

T’essayais toujours de trouver ta place,

Et t’avais jamais d’la place pour moi.

Tu jonglais toujours seul dans tes pensées, 

Mais souvent j’crois qu’tu voulais juste mes mots,

Pour jouer dans tes chansons.

 

Si tu t’en vas chanter,

De ta “chère malheureuse”,

Oublie point quand tu chantes,

« Tu m’as quitté pour t’en aller »,

Pourquoi t’es point venu me joindre?

Mais pourquoi c’est juste à la femme à rester?

Pour que tu m’laisse icette toute seule? 

Ton cher bébé.

 

Garde dans ton miroir,

Pis oublie point,

Un malheureux,

Fait une malheureuse.

 

Tu sais,

J’avais un tas de misère,

D’la vraie peine,

J’voulais juste que tu m’tiens dans tes bras,

Mais tu voulais point v’nir soigner ta ‘tite femme.

Tu voulais rinque une jolie fille, 

Pour dire aux autres.

 

Vas point dire que c’est à cause qu’a voulait point t’marier.

C’est qu’tu savais point vraiment l’aimer.

Parlez-nous à boire, non point du mariage.

 

Asteur moi chu gone,

J’ai fermé la porte en arrière,

Chu encore vaillante,

Pis j’va passer par la porte en avant.

 

Tu sais,

On choisit une malheureuse, 

Autant qu’on choisit son malheureux.

Peut-être un jour viendra,

Ayou’ce qu’on regrettra tout ça.

 

J’sais pas.

C’était ta ligne préférée.

Mais moi j’crois que tu savais tout l’temps.

Tu sais?

 

-  Louisette LeBlanc, 37, Acadienne originaire de la Baie Sainte-Marie, Nouvelle-Écosse/Louisianaise adoptée (2006-2016/présent?)